Le marché français de la voiture d’occasion a connu un pic de prix en 2022, suivi d’une correction progressive. Selon le baromètre de La Centrale, le prix moyen d’une voiture d’occasion est repassé sous la barre des 20 000 euros courant 2025, avec une stabilisation autour de ce seuil en 2026. Cette détente des prix ne signifie pas un retour aux tarifs d’avant-Covid : le niveau actuel reste environ 30 % plus élevé qu’en 2019.
Prix des voitures d’occasion en 2026 : un plateau haut, pas un effondrement
La correction amorcée depuis 2023 a représenté une baisse d’environ 15 % par rapport au sommet de 2022. Les acheteurs qui espèrent retrouver les prix de 2019 risquent d’attendre longtemps. Les prix se sont installés sur un plateau haut, et plusieurs facteurs structurels expliquent cette résistance.
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Le parc de véhicules récents disponibles en occasion reste limité. Pendant la crise des semi-conducteurs (2020-2022), les constructeurs ont livré moins de voitures neuves. Ces véhicules qui n’ont jamais été produits ne peuvent pas alimenter le marché de l’occasion trois ou quatre ans plus tard. Le stock de modèles de moins de cinq ans reste donc restreint, ce qui maintient leurs prix.
AUTO1 Group, qui opère sur le marché professionnel (B2B), observe une lente décrue des prix sur ce segment. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à une accélération de cette tendance dans les mois à venir.
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Motorisation essence, diesel, électrique : des baisses de prix très inégales
Tous les véhicules d’occasion ne suivent pas la même trajectoire tarifaire. La motorisation joue un rôle déterminant dans l’évolution des prix, et les écarts entre segments se creusent.
Thermiques : essence et diesel sous pression
Les modèles essence et diesel anciens subissent les baisses les plus marquées. Le durcissement du malus écologique sur les véhicules neufs les plus polluants, combiné aux restrictions de circulation dans les zones à faibles émissions (ZFE), pousse une partie des propriétaires à se séparer de leur véhicule thermique. L’offre augmente, la demande faiblit sur les modèles les plus anciens et les moins bien classés en Crit’Air.
En revanche, les thermiques récents et peu polluants conservent leur valeur. Un diesel Euro 6 de trois ans ou une citadine essence sobre ne décotent pas au même rythme qu’un SUV diesel de huit ans classé Crit’Air 3.
Électriques d’occasion : le segment qui bouge le plus
Les voitures électriques d’occasion connaissent une dynamique particulière. Les ventes de véhicules électriques d’occasion ont progressé de façon significative, portées par l’arrivée sur le marché secondaire des premiers modèles de grande série. L’électrique d’occasion gagne du terrain avec des prix en recul, notamment sur les modèles dont l’autonomie initiale, jugée limitée par les standards actuels, accélère la décote.
Les retours terrain divergent sur ce point : certains modèles électriques populaires voient leur cote remonter ponctuellement quand la demande locale dépasse l’offre. Le marché de l’électrique d’occasion reste jeune et volatile.
Véhicules de plus de dix ans : une autre réalité du marché occasion
Un phénomène peu commenté mérite l’attention. Les données récentes montrent que les Français achètent de plus en plus de véhicules anciens, au-delà de dix ans. Sur ce segment, les prix ne baissent pas nécessairement. Plusieurs mécanismes l’expliquent :
- Les acheteurs au budget serré, exclus du marché des véhicules récents par la hausse générale des prix, se reportent sur des modèles plus âgés, ce qui soutient la demande sur cette tranche
- L’offre de véhicules très anciens en bon état diminue naturellement avec le temps, les modèles les moins bien entretenus sortant progressivement du parc roulant
- Les contraintes ZFE ne s’appliquent pas partout, et de nombreux acheteurs en zone rurale ou périurbaine continuent de privilégier ces véhicules abordables à l’achat
Le marché de l’occasion ne forme pas un bloc homogène. Parler d’une baisse générale des prix masque des réalités très différentes selon l’âge et le profil du véhicule recherché.
Acheter une voiture d’occasion en 2026 : les variables à surveiller
Plusieurs éléments pourraient influencer les prix dans les prochains mois. Le calendrier du malus écologique 2026, durci par rapport aux années précédentes, pèse sur la valeur résiduelle des modèles thermiques les plus émetteurs. Les acheteurs de véhicules d’occasion doivent vérifier le montant du malus applicable en cas de changement de carte grise sur certains modèles.
L’offre de véhicules neuves livrées entre 2023 et 2025 commence à alimenter le marché occasion. Ce flux progressif de modèles récents devrait mécaniquement détendre les prix sur le segment des trois à cinq ans dans les trimestres à venir.
Le canal d’achat compte aussi. Les écarts de prix entre plateformes comme Leboncoin, les sites spécialisés et les professionnels de l’automobile restent significatifs pour un même modèle. Les professionnels intègrent une garantie et une préparation du véhicule dans leur tarif, ce qui explique une partie de l’écart.
- Vérifier la date de première mise en circulation et la norme Euro du véhicule pour anticiper les restrictions ZFE
- Comparer les prix sur plusieurs canaux (particuliers, professionnels, enchères B2B) avant de se décider
- Surveiller la cote des modèles électriques, dont les prix fluctuent plus rapidement que ceux des thermiques
Les prix des voitures d’occasion ne reviendront pas aux niveaux de 2019. La correction post-2022 a eu lieu, mais elle a atteint ses limites sur la plupart des segments. Les baisses qui persistent concernent surtout les thermiques anciens et certains modèles électriques à faible autonomie. Pour les autres catégories, la stabilisation autour des niveaux actuels reste le scénario le plus probable à court terme.

