Quels pays rejoindront les BRICS en 2026 ?

Les BRICS comptent officiellement dix membres depuis janvier 2025, après l’intégration de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Iran, des Émirats arabes unis et de l’Indonésie. La question d’un nouvel élargissement en 2026 se pose dans un contexte particulier : la présidence tournante revient à l’Inde, neuf pays ont obtenu le statut de partenaires, et des divergences internes freinent les ambitions d’expansion du bloc.

Suspension de l’élargissement des BRICS : ce que Lavrov a déclaré en juin 2026

Avant de lister les candidats potentiels, un fait récent change la donne. En juin 2026, Sergueï Lavrov a évoqué publiquement une suspension des ambitions d’élargissement des BRICS, liée à des divergences politiques internes. Cette déclaration tranche avec la dynamique d’ouverture affichée lors du sommet de Kazan en 2024, où la Russie avait piloté l’accueil de nouveaux membres et partenaires.

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Le bloc fonctionne par consensus. Chaque membre fondateur (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dispose d’un droit de veto sur les adhésions. Durant la décennie 2010-2020, les candidatures de la Turquie, de l’Algérie, du Mexique, du Venezuela et du Vietnam avaient déjà été bloquées par l’un ou l’autre des fondateurs, chacun voyant d’un mauvais oeil la promotion d’un rival régional ou d’un État jugé trop instable.

Ce mécanisme de blocage n’a pas disparu. Il s’applique désormais à un groupe élargi de dix membres, ce qui multiplie les sources potentielles de veto.

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Pays partenaires et candidats BRICS : la file d’attente en 2026

Lors du sommet de Kazan, neuf pays ont obtenu le statut d’« État partenaire » des BRICS. Ce statut ne confère pas le droit de vote ni la participation pleine aux décisions, mais il constitue une étape intermédiaire vers une éventuelle adhésion.

Diplomate devant une carte du monde illustrant les pays candidats potentiels à l'adhésion aux BRICS en 2026

Parmi les pays régulièrement cités comme candidats ou ayant exprimé un intérêt formel :

  • La Turquie a officiellement demandé à intégrer les BRICS, un geste notable pour un membre de l’OTAN qui cherche à diversifier ses alliances économiques et diplomatiques.
  • L’Algérie figure parmi les candidats de longue date, mais sa candidature s’est heurtée à des réserves internes au bloc lors des cycles précédents.
  • Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique ont exprimé leur intérêt courant 2025-2026, sans que leurs candidatures aient débouché sur un calendrier d’adhésion précis.

Les données disponibles ne permettent pas de confirmer qu’un seul de ces pays obtiendra le statut de membre à part entière en 2026. La présidence indienne du sommet 2026 orientera les priorités, et New Delhi n’a pas signalé de volonté d’accélérer l’intégration de nouveaux membres.

Le cas de l’Arabie saoudite : un flou qui dure

L’Arabie saoudite illustre à elle seule les ambiguïtés du processus d’élargissement. Invitée à rejoindre le bloc en même temps que l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran et les Émirats arabes unis, elle n’a pas commencé à fonctionner comme membre à part entière. Plusieurs sources indiquent que Riyad n’a pas finalisé son adhésion, sans que les raisons soient officiellement détaillées.

Ce flou pose un problème de lisibilité. Quand un pays invité ne confirme pas pleinement son engagement, la distinction entre membre, partenaire et observateur devient difficile à tracer pour les analystes extérieurs. En revanche, l’Indonésie a suivi un parcours inverse : elle a rejoint le bloc comme membre à part entière le 6 janvier 2025, levant toute ambiguïté sur son statut.

La coexistence de ces deux trajectoires (Indonésie intégrée, Arabie saoudite en suspens) montre que l’élargissement des BRICS ne suit pas un calendrier uniforme. Chaque adhésion dépend de négociations bilatérales et de calculs géopolitiques propres à chaque État.

Cohérence politique des BRICS face à l’élargissement : un bloc qui peut se diluer

Le groupe originel partageait un objectif lisible : réformer les institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI) et plaider pour un ordre politique qualifié de « plus équilibré ». La Banque de France note que l’élargissement conforte le poids économique et démographique du bloc, qui représentait déjà une part significative de la population mondiale et du PIB planétaire avant la vague de 2024.

L’ajout de membres aux profils très différents (monarchie pétrolière, république islamique, économie émergente d’Asie du Sud-Est) dilue mécaniquement cette cohérence. Les intérêts de l’Iran et ceux des Émirats arabes unis ne convergent pas sur la plupart des dossiers régionaux. La Chine et l’Inde, membres fondateurs, portent des visions concurrentes de l’ordre asiatique.

Groupe de professionnels internationaux discutant lors d'un sommet économique mondial représentant les enjeux géopolitiques de l'élargissement des BRICS

La question de la dédollarisation, souvent présentée comme un ciment du groupe, illustre ce décalage. Certains membres (Émirats arabes unis, Arabie saoudite) ont des économies profondément arrimées au dollar. Proposer une alternative monétaire commune reste un objectif déclaratoire plus qu’un projet opérationnel à court terme.

Le veto comme régulateur silencieux

Le droit de veto de chaque fondateur agit comme un frein structurel. Pendant la décennie précédente, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont chacun bloqué au moins une candidature perçue comme menaçante pour leurs intérêts régionaux. Ce mécanisme empêche l’entrée de pays qui déséquilibreraient les rapports de force internes, mais il ralentit aussi toute dynamique d’ouverture.

Le passage de cinq à dix membres n’a pas modifié cette règle. Tout nouvel élargissement requiert l’unanimité de dix États aux agendas divergents, ce qui rend chaque adhésion plus difficile que la précédente.

Sommet BRICS 2026 en Inde : ce qu’il faut surveiller

La présidence indienne du sommet 2026 sera déterminante pour évaluer l’avenir de l’élargissement. L’Inde a historiquement adopté une posture prudente sur les nouvelles adhésions, soucieuse de ne pas renforcer l’influence chinoise au sein du bloc.

Trois éléments méritent attention dans les mois à venir :

  • La clarification du statut de l’Arabie saoudite, dont la position ambiguë brouille la lecture du groupe.
  • Le traitement des candidatures turque et algérienne, qui testeront la capacité du bloc à intégrer des profils géopolitiques atypiques.
  • L’éventuelle annonce d’un moratoire formel sur l’élargissement, dans la continuité des propos de Lavrov en juin 2026.

La réponse à la question « quels pays rejoindront les BRICS en 2026 » pourrait bien être : aucun, du moins pas comme membre de plein droit. Le bloc semble entrer dans une phase de consolidation plutôt que d’expansion. L’enjeu pour la présidence indienne sera de transformer un groupe élargi mais hétérogène en une plateforme capable de peser sur les dossiers économiques mondiaux, de la réforme du FMI à la coopération entre pays du Sud.

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